Rêve d’onde

C’est sur cette route que tout se passe, là où trois corneilles se lassent le bec en terre. Il pleut un air brûlant qu’on voudrait étouffer avec de grandes feuilles de figuier, le fouetter avec l’ombre dense d’un noyer.
Tout est à sec, jusqu’au plus profond des puits et au-delà des sources. Il n’y a plus d’idées, plus de sève, que la morsure douloureuse du soleil plantée dans la peau craquelée et dans la croûte qui fend.
Pourtant, hors de vue, les eaux montent sèches et sourdes à la plainte des étendues qu’elles engloutissent de leur immensité salée. Il n’y a de place que pour ces déserts de poussière et d’eau qui se font face et s’étendent comme les interminables côtes de Namibie et d’Angola.
De cette lutte précipitée gicle l’écume, flaccide et vague vapeur de gouttelettes fines qui excave l’alcool de quelques arbres bleus et la silhouette des femmes à pipe ronde.

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