Envie de départ

Il avait comme des envies d’évasion. Partir, il était convaincu que c’était ce qu’il lui fallait mais où aller ? Fallait-il y aller seul ? Devait-il amener son amie avec lui ? D’ailleurs laquelle choisir ? Accepteraient-elles ? Après une bonne heure de réflexion, il était assis à la terrasse d’un café qui donnait directement sur une vitrine d’agence de voyage, il ne savait toujours pas où il en était.

De retour au bureau, il croisa d’abord Édith. Il lui fit un sourire auquel elle ne répondit que trop timidement, sûrement préoccupée qu’elle était par l’absence de réponse de son fils parti la veille en Albanie. Il croisa ensuite Marie, qui n’avait pas la tête à ça, mais qui prit malgré tout le temps d’échanger quelques mots sans intérêt. Puis vint le tour de Lætitia, sa collègue directe. Elle ne parlait jamais pour ne rien dire, ce qui ne déplaisait pas à Antoine (qui ne supportait toujours pas son prénom, 31 ans après). Il s’ouvrit à elle sans cérémonie. Elle leva brièvement la tête, rajusta son bustier et répondit d’une voix blanche : « Vous plaire, ne me déplaît pas, Antoine. » Ils se remirent à calculer, têtes baissées sans vraiment voir les virgules. Le soir tout était rentré dans l’ordre.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *